Voyager par le livre : le Japon

Je suis une grande, très grande amatrice de littérature, tous genre confondus. Si mes péchés mignons sont la poésie et la SF (ou les deux mêlés à l’image du magnifique « Chroniques Martiennes » de Ray Bradbury), je ne dis jamais non à la littérature « blanche ». Surnom de la littérature générale attribué par le courant SFFF, qui est souvent injustement décrié, elle permet de plonger dans des livres aux repères spatiaux bien délimités. En voyage, ce type de livres me permet de visiter, d’une autre manière, le pays que je traverse, ou que j’aimerais traverser.

Street art
En hommage à Madame Liberté, figure extravagante d’Arles, qui aimait décorer la façade de sa maison de ville avec quelques petites phrases jetées au vent.

Un des pays que je rêve de visiter est le Japon. Si je devais faire mon périple rêvé, il me faudrait au moins un an de voyage continu ! Les préfectures sont tellement différentes, avec une identité propre, chacune révélant une face du Japon, qu’il est vraiment difficile de choisir. Ma connaissance abstraite de ce pays a commencé dans l’enfance avec Card Captor Sakura (dont un nouvel arc a débuté en Janvier !), s’est approfondi avec la découverte des geishas et ouvert avec les oeuvres de Ghibli. Différents styles, différentes époques, différentes facettes, que j’ai découvert à mesure que je grandissais et m’ouvrais au monde. Le Japon m’attire pour ses références imaginaires dont je me suis entourée, pour ce thé que je bois continuellement et cette mythologie foisonnante, si loin de notre roi Arthurien et de ses mystères celtes.

Street art
Des mots qui s’échappent, près du Sacré-Coeur. Surtout, n’ouvrez pas l’oeil !

Il y a des livres très connus sur lesquels je ne reviendrais pas, comme ceux de Haruki Murakami ou encore le célèbre Geisha, d’Arthur Golden, qui a été un énorme coup de coeur lors de ma première lecture. Aujourd’hui je voudrais vous parler de quatre livres plus discrets, moins connus, et qui font tout autant découvrir la diversité du Japon.

  • L’enfant d’Hiroshima, de Isoko Hatano et Ichirô Hatano. Un livre léger et très touchant sur la correspondance entre une mère et son fils. Les réflexions enfantines grandissent avec le garçon et sont retranscrites avec brio. Elles débordent de sincérité. En soit, ce gamin est un enfant normal, avec des idées normales (que celles-ci soient intelligentes ou non, d’ailleurs), mais le contexte dans lequel il vit est tout sauf normal. Comment grandit-on quand son pays est en guerre ? Au delà du quotidien, ce livre permet aussi d’avoir une autre fenêtre sur cette deuxième guerre mondiale qui a marqué tant de pays à travers le monde. Nous avons l’habitude de l’aborder de notre point de vue d’européens, de français, mais surtout de vainqueurs.

 

  • Les belles endormies, de Yasunari Kawabata. Un roman érotique, avec la poésie propre à beaucoup d’autrices et d’auteurs japonais-e-s. Il y a également beaucoup de sensualité dans les phrases qui se lient et se délient. Son court format permet de respecter ce côté introspectif et intérieur propre au narrateur. Ce n’est donc pas un livre où érotisme et pornographie se mêlent, nous sommes totalement dans la suggestion, le rêve, presque dans une lignée fantastique. Néanmoins la fin m’a complètement échappée et je crois que je n’ai pas assez de clefs de compréhension de la culture japonaise pour la saisir comme il se doit.

 

  • Totto-Chan : la petite fille à la fenêtre, de Tetsuko Kuroyanagi. Dans ce livre, nous découvron un prisme de la vie quotidienne, l’école, avec Totto, âgée de 6 ans. Autobiographique, le regard de la fillette est très bien retranscrit et l’autrice ne cherche pas à embellir ses pensées d’enfant avec son recul d’adulte. Elle reste sincère dans ses ressentis et ses réflexions. Les relations entre enfants sont elles aussi assez vraies, même si certains passages sont trop rapidement réglé à mon goût, passant sous silence certains mécanismes psychiques qui pourraient se mettre en place à cet âge là (mais j’aime particulièrement la thématique du développement cognitif durant l’enfant). Outre la découverte de la place de l’éducation au Japon, ce livre montre aussi qu’une autre voie est possible loin des sentiers battus, balisés, institutionnalisés. Et surtout, qu’aucun enfant n’est voué à l’échec. Qu’aucun enfant n’est vide, idiot, et que chacun possède sa propre intelligence, qu’importe le chemin que celle-ci prend. En somme, chaque enfant devrait être libre, allégé des chaînes de notre domination adulte.

 

  • Miso Soup, de Ryu Murakami. Le voyage est ici errance noire dans les ruelles de Tokyo. La plume de l’auteur, elle, est d’une netteté presque chirurgicale, glaçante. Sa neutralité vis-à-vis des faits sombres qu’il décrit nous impose une prise de distance avec l’histoire. Les pages se tournent, presque sans que nous nous en rendions compte. La cruauté défile, inspirée de faits réels, et nous, nous observons, calmes. Lointains.

 

Exposition théâtre
Exposition théâtre à Toulouse
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